Statut de la population de baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) de Nouvelle-Calédonie

 

Au siècle dernier les baleines à bosse de l’hémisphère sud ont été chassées jusqu’à la quasi-extinction. Les populations océaniennes ne montrent aucun signe significatif d’accroissement, à l’exception de celle de la côte est australienne. C’est pourquoi le suivi des populations s’avère indispensable.

L’étude des baleines à bosse de Nouvelle Calédonie a  été mise en place en 1996 afin d’établir le statut de la population de baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie et d’œuvrer à sa conservation.

Les études portent sur l’estimation de l’abondance et l’évolution des effectifs, l’utilisation de l’habitat, la structure des populations, les migrations et les déplacements régionaux.


Pour cela les baleines rencontrées en mer sont identifiées par photographies (photo-identification) et par génétique. Un permis délivré par les autorités provinciales nous permet d’approcher les baleines afin de prendre des photographies et de prélever échantillons de peau au moyen d’une arbalète ou d’un fusil hypodermique vétérinaire.

 


Le dessin présent sous leur nageoire caudale, véritable empreinte de l’animal, permet de reconnaître individuellement chaque baleine.

 

 


Cette « empreinte caudale », véritable empreinte digitale, permet de suivre l’histoire d’un individu tout le long de sa vie : dans quelle zone a-t-il été observé, à quelle régularité, avec quel autre animal, quelle est la fréquence de mise bas dans le cas des femelles ? De même l’analyse ADN des tissus prélevés par biopsie permet entre autre d’obtenir leur identité génétique et leurs relations avec les autres populations d’Océanie.

 


Les résultats ont montré que la Nouvelle-Calédonie abrite une petite population de baleines à bosse fidèle à notre lagon puisque certaines baleines ont pu être observées une vingtaine de fois au cours d’une même saison et que d’autres ont été revues une dizaine d’années différentes. Cette population est démographiquement et génétiquement distincte des autres populations du pacifique Sud avec lesquelles elle a peu d’échanges. Enfin cette population ne montre aucun signe significatif d’accroissement. La population de baleines à bosse qui vient se reproduire en Nouvelle Calédonie est vulnérable et doit être protégée notamment dans le lagon Sud qui constitue sa principale zone de reproduction.

Un récent partenariat avec la Fondation d’Entreprise Total et Total Pacifique a permis de poursuivre l’effort de collecte de données scientifiques (photo identification et prélèvement de tissus) au cours des campagnes d’observation de 2006 à 2008.

L’analyse de ces informations permettra notamment d’obtenir une nouvelle estimation d’abondance de la population et d’établir la tendance de la population (accroissement, diminution ou stabilité).